Yelloworking fier de soutenir Scop-Ti

Samuel, 31 mars 2016 -

Quand on arrive à Gémenos dans la zone d’activité, on voit ça et là les traces de la lutte  : “boycott Lipton” tagué sur les murs, des autocollants de la CGT, un portrait de Che Guevara, des graphitis « Fralib vivra »… Cette lutte elle était longue et âpre, les ouvriers se sont battus bec et ongle face à un géant, Unilever qui a voulu délocaliser l’usine Fralib en Pologne.  Ils ont tenu pendant 1336 jours de grève pour garder leur usine et maintenir leur emploi. Quand nous avons visité les 12000m2 de l’usine et les nombreuses lignes de production, on s’est rapidement rendu compte que leur pari était un peu fou : reprendre l’usine et continuer de faire vivre une entreprise rentable que quelques dirigeants avaient jugé obsolète.

 

machine

 

À notre arrivée, nous sommes tout de suite accueilli avec le sourire par les employés de Scop-TI au poste d’entrée de l’usine. Peu commun pour une usine où le client lambda se verrait normalement refoulé. Gerard Cazorla, le président élu de la coopérative SCOP-TI, nous accueille et nous propose une visite. Après avoir vêtu nos charlottes et nos blouses pour respecter les normes de l’hygiène, nous entrons dans l’usine par la pièce principale  dans laquelle se trouvent les principales lignes de production. D’emblée, nous sommes étonnés par le degré d’automatisation de la chaîne de production et par la rapidité des machines pouvant doser, mettre en sachet, étiqueter et emballer jusqu’à 500 sachets par minute. Notre commande de 1000 sachets, une quantité qui nous impressionne en tant que consommateur, n’a donc pris que quelques minutes à produire.

 

bigbag

 

Après plus de trois ans de lutte, Scop-Ti est parvenu à garder le matériel de l’usine et à créer rapidement une gamme de produits complète. Comme pour Yelloworking, une campagne de crowdfunding sur Ulule a servi à compléter le budget et à engranger des soutiens.  Au cours de notre visite, nous suivons le chemin du thé qui arrive dans des « big bags », des sacs d’une demi-tonne, par le haut de l’usine et descendent dans les lignes de production qui réalisent les boites de thé que nous retrouvons maintenant dans les linéaires des supermarchés. La visite se poursuit avec la mélangeuse, une sorte de grande balle de golf où sont mélangés les saveurs lorsque Scop-ti doit produire des assemblages comme la délicieuse infusion fruits des bois. Enfin, nous sommes impressionnés par les stocks de l’usine où des tonnes de thé et d’infusion dans les big bags ainsi que des dizaines de palettes attendent de remplir les linéaires de nos supermarchés puis de flotter dans nos tasses d’eau chaude.

 

usine

 

Gérard nous accueille dans un bureau pour une petite dégustation. En tant que fier souscripteur à la campagne Ulule, je connais déjà les produits de 1336 et l’infusion Fruits des Bois est déjà un classique du soir à la maison. Gérard nous fait découvrir l’excellent thé Anis Réglisse, un assemblage de saveurs très surprenant et bien équilibré. La gamme 1336 est déjà très large, elle comprend plus d’une dizaine de variétés de thé et d’infusions pour tous les goûts. Tous les produits, déjà distribués dans une centaine de supermarchés en France, ne contiennent que des arômes naturels. La différence se sent dans la tasse mais aussi au nez : une infusion aux arômes chimiques ne sent rien dans le sachet sans eau chaude. L’entreprise veut lancer une gamme d’infusions bio, elle a débuté par une infusion Tilleul des Baronnies produite dans la Drome. Comme un bon vin, chaque boite de cette infusion indique le millésime et le terroir d’où vient la production. Scop-Ti veut privilégier le bio et les circuits courts mais, pour alimenter une usine de cette taille, les volumes produits ne sont pas encore suffisants et le coût n’est pas le même.

 

scopti-sam-clem

 

 

En partant, nous passons à la comptabilité chercher notre facture. Au cours de la visite, c’est au moins la septième personne à connaître Yelloworking, petite fierté. Nous sommes le client numéro 237, nous leur disons que nous devons être le plus petit client. « Pas du tout, nous répond la comptable, il n’y a pas de petites commandes ici. » En se fournissant Scop-Ti, Yelloworking ne fait pas que s’approvisionner localement dans une coopérative détenue par ses salariés : nous voulons aider un projet proche de nos convictions qui montre, par l’action, qu’on peut travailler autrement et que même une usine peut devenir un lieu accueillant.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

maison coworking aix en provence